Clément Briscadieu a 28 ans, bientôt 29. Au mois de février dernier, son année supplémentaire avec Soyaux-Angoulême a été dénoncée. Le demi-de-mêlée s’est donc mis en quête d’un nouveau club. Les contacts ont été nombreux mais aucun n’a abouti. Entre espoirs et désespoirs, l’été a donc été long. Très long même. Finalement, c’est à Montauban que le neuf a posé ses valises au début du mois d’août, bien décidé à se relancer. C’était sans compter sur les ennuis extra-sportifs du club tarn-et-garonnais. Sa licence non-homologuée, Clément a raté le début du championnat et a rongé son frein… C’est finalement le 31 août, sur les terres de son ancien club (sans doute un clin d’œil du destin) que le néo-montalbanais a renoué avec le terrain. Pour Provale, il s’est confié sur cette intersaison agitée. Rencontre…

« Je savais que notre métier était précaire. Mais je n’imaginais sans doute pas à quel point. »

Provale : Quelle a été ta réaction lorsque Soyaux-Angoulême a choisi de dénoncer ton année supplémentaire ?
Clément Briscadieu : Honnêtement, j’avais compris que je ne faisais plus partie des plans depuis quelques semaines. Le départ a été compliqué mais il était plus ou moins attendu.

Provale : Tu t’es alors immédiatement inscrit sur la liste des joueurs supplémentaires mise en place par Provale. Tu as ainsi pu bénéficier de la période des mutations supplémentaires négociée par le syndicat auprès de la Ligue Nationale de Rugby. Trouves-tu que cette initiative soit bénéfique ?
Clément Briscadieu : Oui, tout-à-fait. Grâce à cette liste, tous les clubs ont su que j’étais en recherche et j’ai pu avoir des contacts. La période des mutations supplémentaires est également une très bonne chose. Je serais même favorable à ce qu’elle commence plus tôt.

Provale : En revanche, tu n’as pas participé au stage des joueurs à la recherche d’un club mis en place par Provale. Pour quelles raisons ? Était-ce difficile pour toi de t’afficher ?
Clément Briscadieu : Non. Il était prévu que j’y participe. J’étais en lien avec les salariés du réseau de Provale à ce sujet. Mais la piste de Montauban a commencé à devenir sérieuse et je ne voulais pas qu’elle se refroidisse. Je ne voulais pas non plus prendre le risque de me blesser en sachant que j’avais cette éventuelle opportunité. Mais je suis tout-à-fait favorable à ce stage des joueurs. Je trouve que c’est une belle opportunité pour les rugbymen dans le but de trouver un club.

« J’ai bien compris que dans une carrière tout peut aller très vite, dans un sens ou dans l’autre. »

Provale : Comment as-tu vécu ces longs mois lors desquels tu étais sans club? Ta vision du métier de rugbyman professionnel a-t-elle changé ?
Clément Briscadieu : Je savais que notre métier était précaire. Mais je n’imaginais sans doute pas à quel point. J’ai tout envisagé : trouver un travail, me former, partir jouer en Fédérale une. J’ai bien compris que dans une carrière tout peut aller très vite, dans un sens ou dans l’autre. J’ai eu de la chance. Je sais qu’un jour ou l’autre il faudra retourner à la « vraie vie ». Mais je me suis promis de la préparer avant. J’ai donc l’objectif de me lancer dans des formations très prochainement. Mais pour l’instant je n’ai pas encore d’idées de ce que j’aimerais faire.

Provale : En plus de t’être retrouvé sans club, ta licence a été bloquée par la DNACG et tu as donc raté deux matchs de championnat. Comment as-tu pris ce nouveau coup de massue ?
Clément Briscadieu : C’était un coup de massue, oui et non… Oui car j’avais déjà vécu ça à Mont-de-Marsan il y a très longtemps alors que je débutais. À cette époque, le demi-de-mêlée Julien Tilloles avait eu sa licence bloquée durant une année… Je n’ai donc pas pu m’empêcher d’y penser et de faire le parallèle avec mon histoire. Mais très vite, les doutes ont été dispersés par nos dirigeants. Ils nous ont assurés que cela allait se décanter et nous avons bien fait de leur faire confiance. Il y a eu beaucoup de communication en interne. Tout cela n’est désormais qu’un mauvais souvenir.

« Je suis tourné vers l’avenir. »

Provale : Après toutes ces péripéties, tu dois avoir les crocs acérés. Quels sont tes objectifs à court et à plus long terme?
Clément Briscadieu : Toutes ces embûches sont désormais de l’histoire ancienne. J’ai signé à Montauban pour une saison et une saison en option. J’ai envie de montrer à ce club que je mérite sa confiance. Je vais tout donner pour ce maillot et faire en sorte que les résultats soient aussi bons que lors des deux dernières années. Je ne perds pas non plus de vue la reconversion. Je suis désormais tourné vers l’avenir.

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