Interview : Inaki Basauri

Oct 1, 2019 | Actualités, Event, Interview, Réseau

 » Forcément mon cœur sera un peu plus du côté des Aigles » .

Vous vous souvenez d’Inaki Basauri ? L’ancien troisième ligne de Massy, Marmande, Agen, Lannemezan, Périgueux, Tarbes et du Stade Nantais, a été notre correspondant durant de longues années. Mais il était aussi l’un des joueurs de l’équipe des États-Unis avec laquelle il a disputé deux coupes du monde, en 2007 et 2011. Né au Mexique, c’est dans le pays de l’Oncle Sam que le futur rugbyman professionnel a découvert la balle ovale pour ne plus jamais s’en éloigner. Marié à une Française et papa de deux beaux enfants, Inaki a fini sa carrière dans le club de Le Rheu en 2018. Depuis cette saison, il est le manager d’Angers, qui évolue en Fédérale 3. Ce mercredi, son cœur devrait battre du côté des Aigles. Pour Provale, il s’est confié. Rencontre…

Mathilde Lacrouts : Vous comptez 12 sélections avec l’équipe nationale des États-Unis. Vous avez aussi disputé deux coupes du monde avec cette équipe. Quels souvenirs conservez-vous de ces moments ?
Inaki Basauri : La coupe du monde 2007 reste vraiment un souvenir merveilleux. Jouer en France, dans des stades comme celui de Montpellier, c’était incroyable. Je me souviens de cet essai d’Ngwenya face à Habana, de ce frisson qui a parcouru mon corps et que je ressens encore aujourd’hui en vous en parlant. C’était incroyable.
2011 est encore une expérience différente. En Nouvelle-Zélande, un pays qui transpire le rugby, les Néo-Zélandais nous encourageaient dans la rue avant d’affronter l’Australie. Tout le monde était derrière nous. Sur l’essai marqué par mon équipe, le bruit était tel que je n’entendais pas mes coéquipiers sur le terrain. C’est indescriptible. Porter un maillot national c’est merveilleux. Disputer deux coupes du monde, c’est une fierté immense.

Mathilde Lacrouts : J’imagine que vous avez suivi le premier match des Aigles face à l’Angleterre. Qu’en avez-vous pensé ?
Inaki Basauri : Bien sûr ! J’ai trouvé les Anglais très organisés. Ils ont joué au rugby sans aucune pression. Nous avons été mis en difficulté par leur jeu au pied. La touche et les mauls, nos points forts par le passé, ont été mis à mal. Nous avons été dans le dur.

Mathilde Lacrouts : Et le match des Français face à l’Argentine. Que vous a-t-il inspiré ?
Inaki Basauri : Je me suis régalé sur ce premier match. Bon, je ne vous cache pas que j’ai failli faire quatre infarctus (rires). En première mi-temps, nous avons produit un jeu fluide, de mouvement, d’évitement. Le French Flair. Ce jeu qui va si bien à l’Équipe de France. Nous avons retrouvé cette jeunesse. En deuxième mi-temps cela a été plus compliqué. Les Argentins ont tout envoyé et nous ont mis en grande difficulté.

Mathilde Lacrouts : Quand vous parlez des Aigles, vous dites « on » et quand vous parlez des Bleus, vous dites « on » également. Pouvez-vous nous dire dans quel camp vous serez lors du prochain match entre ces deux nations ?
Inaki Basauri : Ma femme est Française, mes enfants le sont aussi. J’ai hâte de regarder ce beau match. J’espère que les États-Unis vont mettre tout leur cœur sur le terrain. Je trouve ça bien que des petites nations émergent. C’est très positif pour ce sport que nous aimons. Forcément mon cœur sera un peu plus du côté des Aigles. Mais celui de ma femme et de mes enfants penchera en faveur de la France.

Mathilde Lacrouts : La France est votre pays d’adoption. Pouvez-vous nous parler de votre reconversion ?
Inaki Basauri : J’ai passé mon DE à Marcoussis l’an passé pour devenir entraîneur. Je suis aujourd’hui manager à Angers qui évolue en Fédérale 3. Je m’occupe aussi de la formation des entraîneurs dans le club. Je n’aurais jamais pu quitter le terrain. Je l’aime trop. J’espère continuer à m’y épanouir comme lorsque j’étais joueur.

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