Interview

Mai 4, 2020 | Actualités, Formation, Reconversion, Réseau

« La santé doit primer. C’est le plus important ».

Alan Brazo, troisième ligne de l’USAP, a accepté de répondre à nos questions depuis Cabestany, dans la banlieue de Perpignan. Ce solide, amoureux de pêche, qui est en train de préparer une thèse en biologie marine, alterne son confinement entre travail scolaire et préparation physique. Rencontre…

Mathilde Lacrouts : Comment vas-tu Alan ?
Alan Brazo : Ça va, merci. Je suis confiné à Cabestany, près de Perpignan, avec ma compagne. Je dois quand même avouer que le confinement devient un peu long socialement parlant. Mais je me console car je suis en train de préparer une thèse et que, du coup, je peux y consacrer pas mal de temps.

« Je me rends compte à quel point mes coéquipiers sont importants ».

Mathilde Lacrouts : Nous reviendrons sur ta thèse un peu plus tard. En attendant, raconte-moi comment cela se passe pour toi au niveau sportif ? T’entretiens-tu de façon quotidienne ?
Alan Brazo : Au début du confinement, nous avions un programme très chargé. En effet, l’objectif de chacun était de reprendre le plus tôt possible. Puis, peu, à peu, les programmes se sont un peu allégés. Nous avons des exercices à disposition, le club s’adapte par rapport à chacun. L’objectif est de ne pas rester sans rien faire.
Personnellement, je m’entretiens bien, de façon quotidienne. J’en profite pour me renforcer là où j’ai eu des blessures à répétition. Je manque aussi pas mal de souplesse, alors je fais du yoga dans mon salon. D’habitude, je ne prends absolument pas le temps de tout cela.
Je me lève tous les jours à huit heures. Je ne veux pas prendre un mauvais rythme. Et à 8h40, je lance ma journée par un cours de sport en ligne sur Instagram.

Mathilde Lacrouts : Tout semble bien se passer pour toi. Qu’est-ce qui est le plus dur dans ce confinement ?
Alan Brazo : Vraiment, le plus dur c’est le manque du rugby, des copains. C’est là que je me rends compte que tout ce que disent les anciens est vrai. C’est dur de vivre sans ce sport, sans cette ambiance, sans toutes ces personnes. Je pense que lorsqu’on arrête, il ne doit pas être simple de ne pas perdre pied. Je me rends compte à quel point mes coéquipiers sont importants. À quel point ils comptent dans ma vie. On s’appelle souvent. Je peux le dire aujourd’hui : mes coéquipiers sont ma deuxième famille.

« À cause, ou grâce, au confinement, je suis redevenu un étudiant normal ».

Mathilde Lacrouts : C’est difficile en effet. Pourtant, tu as d’autres centres d’intérêt que le rugby. Parle-nous un peu de cette thèse en biologie marine que tu es en train de préparer.
Alan Brazo : Heureusement, j’ai quasiment terminé ma partie terrain. Il me reste encore deux ou trois plongées à réaliser mais cela se fera dès que cela sera possible. Désormais, je suis concentré à 200% sur la rédaction de ma thèse. J’échange beaucoup avec mon directeur de thèse. On se voit en visio très souvent. Je me rends compte combien c’est plus simple de travailler quand il n’y a pas de rugby à côté. À cause, ou grâce, au confinement, je suis redevenu un étudiant normal. C’est quand même chouette.

Mathilde Lacrouts : Du coup, j’imagine que tu te rends encore plus compte de toutes les concessions que tu as dû faire pour en arriver là après tant d’années d’études, non ?
Alan Brazo : Oui, vraiment ! Parfois, la motivation était plus ou moins grande. Des fois, j’ai douté. Quand le rugby allait bien, j’étais euphorique. Quand les résultats étaient moins bons, je culpabilisais et je laissais les études un peu de côté. Là, je peux travailler dans la continuité et c’est top !

« Les poissons vont passer un sale mois de mai ».

Mathilde Lacrouts : J’ai regardé attentivement l’attestation de sortie émise par l’État et je n’ai pas vu la case autorisant à sortir pêcher ! Comment fais-tu ?
Alan Brazo : (rires) Je te rappelle que la pêche est interdite ! Mais j’ai pris les devants le week-end juste avant le confinement. Je suis allée voir ma compagne et je lui ai dit : « Je te préviens, à priori le confinement est pour mardi. Ce week-end, je pars pêcher avec les copains. On se revoit mardi soir pour le discours du Président ! ». Je crois que j’ai bien fait (rires).
Bon, après, vu tout ce qui se passe, la pêche n’est pas primordiale, j’en suis conscient. Mais n’empêche que cela me manque. Je peux te dire que les cannes sont montées, que les hameçons sont bien affutés et que les poissons vont passer un sale mois de mai (rires).

Mathilde Lacrouts : Redevenons un peu sérieux. La fin de saison a été officialisée. Comment as-tu reçu cette nouvelle ?
Alan Brazo : Honnêtement, je m’en doutais un peu depuis quelques semaines. C’est très frustrant car avec l’USAP nous étions en train de réaliser une belle saison et que les phases finales commençaient à se profiler. Je suis quand même très triste de ne pas vivre cette plus belle partie de la saison. De ne pas sentir la ferveur du public, l’excitation. Le sport est un vecteur de joie. J’espère que nous reprendrons dès que possible pour donner du bonheur à tout le monde. Mais la santé doit primer. C’est le plus important.

 

 

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