Interview Benjamin Lapeyre

Fév 5, 2020 | Actualités, Interview, Mutation, Reconversion, Réseau

« Je ne perds pas espoir ».

 C’est à Castres, ville dont il est originaire, que Benjamin Lapeyre a débuté le rugby. Très vite, il tombe amoureux de ce sport. Arrière ou ailier, le Tarnais part tenter sa chance dans plusieurs clubs : Albi, Toulon, le Racing-Métro, La Rochelle et Brive. En 2018, l’expérience corrézienne touche à sa fin et Benjamin se retrouve sans club. Après avoir participé au stage des joueurs en recherche d’un club organisé par Provale, il s’engage avec Béziers pour un an. En 2019, de nouveau, la galère du chômage est de retour. Castres décide de l’enrôler en tant que joker Coupe du Monde. Depuis le 3 novembre 2019, Benjamin est donc de nouveau sans club. Le week-end dernier, il a participé à l’In Extenso Supersevens Rugby, organisé par la Ligue Nationale de Rugby. Et c’est avec l’équipe de Monaco que Benjamin Lapeyre a relevé ce nouveau challenge. Il a accepté de revenir sur ce moment pour Provale et aussi de nous parler de ses projets sportifs et extra-sportifs. Rencontre…

« Je remercie le Castres Olympique pour sa confiance ».

Mathilde Lacrouts : Tu t’étais engagé en début de saison avec le Castres Olympique en tant que Joker Coupe du Monde. Ton contrat est arrivé à échéance en novembre dernier. Comment as-tu vécu ce moment ?
Benjamin Lapeyre : Je savais dès le départ que cette expérience ne durerait que quelques mois. Cela ne m’a pas empêché d’être frustré lorsque mon contrat n’a pas été prolongé. Mais avec le retour de trois joueurs sur le poste, cela allait faire beaucoup. Je garde cependant beaucoup de positif de cette expérience et je remercie le Castres Olympique pour sa confiance.

Benjamin Lapeyre avec l’équipe de Monaco qui a participé à In Extenso Super Sevens. Crédit : Instagram Benjamin Lapeyre.

Mathilde Lacrouts : Tu as participé ce week-end au tout nouveau In Extenso Super Sevens avec l’équipe de Monaco. Qu’as-tu pensé de cette première expérience du Seven ?
Benjamin Lapeyre : J’avais déjà joué une ou deux fois à 7 mais jamais à ce niveau. C’était une très belle aventure qui s’est déroulée dans une ambiance fantastique, sur et en-dehors du terrain. C’était un week-end assez intense et long car il y avait pas mal d’attente entre les matchs. Mais je suis très heureux et assez satisfait de ma prestation.

« J’ai vécu une super aventure humaine avec de très bons gars ».

Mathilde Lacrouts : Comment se sont noués les liens avec le club de Monaco ? Que retiens-tu de ces moments ?
Benjamin Lapeyre : Fred Michalak était le manager de cette équipe. J’avais évolué à ses côtés à Toulon et il connaissait ma situation. Du coup, il m’a contacté pour me proposer de rejoindre l’équipe monégasque. Au final, j’ai vécu une super aventure humaine avec de très bons gars. Nous avons pu rencontrer le Prince Albert, nous avons assisté à un match de football et de basket. Le stage de cohésion a été exceptionnel.

Mathilde Lacrouts : Ce challenge est aujourd’hui achevé et tu es donc sans club. Ambitionnes-tu de signer un nouveau contrat pour la saison à venir ? As-tu quelques pistes ?
Benjamin Lapeyre : Je suis toujours dans l’attente. Dans l’attente d’un club qui pourrait m’appeler pour finir la saison ou d’un nouveau contrat pour la saison prochaine. Je suis un peu de retour au point zéro. C’est dur à vivre mais je ne perds pas espoir. Si je n’ai rien, j’espère que je pourrai peut-être à nouveau porter les couleurs monégasques au mois d’août. Nous verrons bien.

Benjamin continue à s’entraîner « comme un mort de faim ». Crédit : Instagram – Benjamin Lapeyre

« Je m’entraîne comme un mort de faim. Je me tiens prêt pour le jour où le téléphone sonnera ».

Mathilde Lacrouts : Du coup, j’imagine que tu te tiens prêt dans le cas où une opportunité se présenterait. Comment sont rythmées tes journées ? Tu t’entraînes beaucoup ?
Benjamin Lapeyre : Je suis revenu à Toulon, auprès de ma fille qui y réside. Je ne lâche rien. Je m’entraîne comme un mort de faim. J’ai un préparateur physique, je fais du sport tous les jours : de la musculation, de la course, du cross fit. Je me tiens prêt pour le jour où le téléphone sonnera.

Mathilde Lacrouts : Le fait de se retrouver sans club n’est pas un moment facile dans une carrière. Tu l’as déjà vécu en 2018 et tu avais d’ailleurs participé au stage des joueurs sans club organisé par Provale, avant de rebondir à Béziers. D’un point de vue moral, comment te sens-tu ?
Benjamin Lapeyre : Moralement, je fais aller. Je ne vais pas dire que c’est facile à vivre. Non. Mais je n’ai pas d’autre choix que de faire avec cette situation. Heureusement j’ai des projets autres à côté du rugby et cela me permet un peu de relativiser et de penser à autre chose.

Mathilde Lacrouts : Provale a mis en place récemment une Cellule Bien-Être à destination des rugbymen. Que penses-tu de cette initiative ?
Benjamin Lapeyre : C’est une très bonne chose. Dans une carrière, il y a des hauts et des bas. Chacun vit les choses à sa manière. Je trouve qu’il est important que nous ayons des outils de la sorte à notre disposition. Après, chacun est libre ou pas de les utiliser.

« Devenir entraîneur me plairait également beaucoup ».

Mathilde Lacrouts : Tu nous parlais de tes projets annexes un peu plus haut. Tu n’as jamais perdu de vue ta reconversion pendant ta carrière. Tu as lancé une société et prépares actuellement une formation. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Benjamin Lapeyre : Tout à fait ! J’ai créé une société nommée Sporent (www.sporent.fr) qui aide les sportifs de haut-niveau à mieux communiquer et à trouver des sponsors. Cette société était un peu en sommeil pendant ma carrière mais je vais la relancer à fond si je ne trouve pas de nouveau club. Aujourd’hui, la communication est capitale pour les sportifs. Je pense que ma société peut intéresser pas mal d’entre eux. En parallèle, je suis également inscrit au DEJEPS Rugby mis en place en partenariat entre le Creps de Toulouse et Provale. Je viens donc à Toulouse tous les quinze jours pour y poursuivre mon apprentissage.
Je vais réaliser le projet de cette formation avec l’école de Rugby du Castres Olympique. Mon objectif est de proposer des solutions à l’école de rugby du CO afin de trouver de nouveaux éducateurs et de former tous ceux qui n’ont pas de diplômes. C’est un projet qui me passionne.

Mathilde Lacrouts : L’entraînement pourrait donc être une possibilité de reconversion pour toi ?
Benjamin Lapeyre : En effet. Devenir entraîneur me plairait également beaucoup. J’ai d’ailleurs beaucoup entraîné les jeunes des écoles de rugby des clubs dont j’ai porté le maillot. Alors oui, si une opportunité d’entraîner se présente, je serais très heureux.

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