Interview d’Armand Battle, champion de France

Juin 4, 2018 | Actualités, Interview

« Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. »

Le rendez-vous est pris. Quarante-huit heures à peine après la finale du Top 14 remportée face à Montpellier. On s’attend à trouver un Armand Battle avec la voix cassée, éraillée par deux nuits de fête. L’ailier castrais, arrivé de Grenoble la saison passée, est ponctuel et sa voix étonnamment claire. Il a fait la fête, bien sûr, il l’avoue. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de serrer le bout de bois aussi fort. Mais la fête est déjà finie. Le Catalan de naissance est déjà tourné vers les Barbarians qu’il s’apprête à rejoindre, assis dans le taxi, entouré de ses coéquipiers, Julien Dumora et Antoine Tichit. Pour Provale il accepte de revenir sur ce rêve éveillé. Assurément le plus beau de sa carrière.

Provale : As-tu réalisé ce qui t’est arrivé ce week-end ?

« Je ne sais pas si j’ai réalisé mais je sais que j’ai vécu un bonheur immense, incroyable. C’est encore très frais, trop frais. Je ne sais pas bien si c’était un rêve ou pas. Là je suis dans le taxi avec mes potes Antoine Tichit et Julien Dumora. On part rejoindre les Barbarians ».

Provale : Ce bouclier est une grande première pour toi, un an à peine après ton arrivée dans le Tarn. Avais-tu imaginé un pareil scénario ?

« Absolument pas. Lorsque j’ai signé à Castres, j ‘espérais disputer les phases finales. Mais j’étais loin d’imaginer une si belle fin. La saison s’est achevée en apothéose. Nous avons eu des résultats en dents de scie durant toute l’année et nous avons achevé le championnat comme des boulets de canon ! Ce n’est pas tous les ans dans une carrière que l’on a autant de chance. Il faut savourer ».

Provale : À quel moment de la saison as-tu pensé que Castres avait la capacité d’aller au bout ? Un déclic s’est-il produit ?

« Notre particularité cette saison a été que nous sommes parvenus à nous imposer assez régulièrement hors de nos bases, que ce soit à Toulouse, Bordeaux ou Clermont. Mais je crois que c’est définitivement le succès empoché à La Rochelle le 15 avril dernier qui nous a faits basculer. Ce match a été crucial pour notre saison ».

Provale : Même si Castres est un bastion du Top 14, peu de monde avait misé sur ton équipe en début de saison. Selon toi, qu’est-ce qui vous a permis de remporter ce titre tant convoité ?

« Si je devais résumer ce groupe en quelques mots, je dirais « la solidarité des sous cotés ». Personne ne nous attendait, on n’avait pas misé sur nous. Nous n’avons pas de grands noms mais nous avons fait preuve d’une solidarité à toutes épreuves ».

Provale : Parle-nous de cette Finale, du Stade de France. Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête samedi soir ?

« Nous étions bien préparés. Le protocole a été long, nous le savions. La Marseillaise a été très émouvante. Christophe (NDLR : Urios) nous avait avertis. Il nous avait dit de tenir bon, de ne pas tout lâcher avant le match. Une fois sur le terrain, c’est différent, on était dans le match, on faisait notre job. Mais quand on levait la tête, qu’on jetait un œil en tribunes, l’ambiance était juste incroyable ».

Provale : L’ambiance, justement, a dû être à son comble à l’arrivée à Castres. Peux-tu nous raconter ?

« C’était juste énorme ! Nous n’avions pas dormi de la nuit. Quand nous sommes arrivés au centre ville c’était une ambiance de folie. 25000 supporters étaient là pour nous. Nous avons ressenti une grande fierté. Nous sommes tellement heureux d’avoir ramené ce bouclier à Castres ! »

Provale : Cette saison est parfaite pour toi. L’USAP, ton club formateur, retrouve le Top 14, tu remportes le Bouclier de Brennus et tu vas faire la Tournée d’Été avec les Barbarians français. Que peut-on te souhaiter de plus ?

« Franchement, c’est difficile de faire mieux. Cela prouve que les années se suivent mais qu’elles ne se ressemblent pas. J’ai vécu pas mal de galères l’an passé avec la descente de Grenoble. J’ai eu la chance de signer à Castres, le staff m’a fait confiance, je me suis accroché. Je suis heureux et fier de cette saison. Et concernant Perpignan, je vais bien sûr regarder la date de notre confrontation dès que le calendrier sortira (rires) ».

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