Interview : François Cros

Mai 1, 2020 | Actualités, Interview, Réseau

« Tout a été chamboulé du jour au lendemain ».

 François Cros a réalisé un très beau Tournoi des VI Nations. Pourtant, le troisième ligne, gratteur, coureur, complet dans tous les compartiments du jeu, s’est retrouvé du jour au lendemain éloigné de ce sport qu’il aime tant. Comme une grande majorité de Français, il est, depuis déjà plusieurs semaines, confiné à son domicile. Pour Provale, il a accepté de partager un peu de son quotidien. Rencontre…

Mathilde Lacrouts : Bonjour François, comment vas-tu ? Où es-tu confiné ?
François Cros : Je suis confiné chez moi, à Cugnaux, dans la banlieue toulousaine. Cela se passe bien. J’ai la chance d’avoir une maison et je partage mon temps avec ma compagne. Nous respectons les consignes de l’État du mieux possible.

Mathilde Lacrouts : Quelques jours à peine avant le confinement, tu portais encore le maillot frappé du coq et rêvais de remporter le Tournoi des VI Nations. Comment as-tu vécu cet arrêt brutal ?François Cros : Comme tu le dis, cela a été brutal et très soudain. Tout a été chamboulé du jour au lendemain. Ce qui s’est passé est totalement inédit mais il faut faire avec. Nous n’avons pas le choix. La santé prime sur tout le reste.

Mathilde Lacrouts : Comment vis-tu cette coupure avec le rugby ?
François Cros : Au début, je dois avouer que cela m’a permis de récupérer un peu après un début de Tournoi très physique. Mais très vite, le rugby m’a manqué. Du coup, j’essaie de garder ma motivation. J’ai récupéré du matériel de musculation au Stade. Je fais aussi du cardio et du crossfit. Je fais aussi pas mal de courses dans l’allée de ma maison.
Je n’ai pas de programme spécifique mais je continue à m’entraîner chaque jour. Les préparateurs nous ont aussi transmis des vidéos ludiques pour casser un peu la routine. Le staff reste près de nous et vient régulièrement aux nouvelles.

Mathilde Lacrouts : Et quand tu ne fais pas de sport, à quoi occupes-tu ton temps ?
François Cros : Je bricole, je fais tout ce que je n’ai pas le temps ni l’énergie de faire en temps normal. L’avantage c’est que ma maison est tirée à quatre épingles (rires). Je cuisine également. Et je passe du temps avec ma compagne et mon chien. Lui, c’est vraiment le plus heureux ! Nous essayons de rivaliser d’imagination pour rendre ces moments confinés les moins difficiles possibles. Ma famille est tout près mais je ne l’ai pas vue depuis le début du confinement. Il faut respecter les consignes.

Mathilde Lacrouts : Quelque chose me dit que tu t’es mis à la couture. C’est vrai ?
François Cros : (rires) Tu es bien informée. Ma compagne est à son compte depuis près d’un an et elle fabrique des sacs qu’elle coud elle-même (https://www.myunik.fr/). Elle a un peu changé ses habitudes de création à cause du Covid. Elle coud désormais aussi des masques. Du coup, la Gendarmerie de la Haute-Garonne m’a lancé le défi de confectionner un masque. Bon, j’avoue que je laisse la spécialiste à l’œuvre. Moi, je me contente de l’aider à la découpe. C’est mieux pour tout le monde (rire).

Mathilde Lacrouts : Tu es diplômé de l’école de podologie de Toulouse depuis juin dernier et interviens désormais en tant que formateur auprès des élèves durant l’année sur ton temps libre. Comment cela se passe-t-il de ce côté-là ?
François Cros : Comme toutes les écoles, l’école de podologie est fermée depuis le début du confinement. Nous sommes actuellement en train de voir s’il est possible d’envisager sa réouverture prochainement. En tous cas je reste en lien avec l’équipe pédagogique pour trouver les meilleures solutions possibles.

Mathilde Lacrouts : Ton coéquipier à Toulouse, Clément Castets, est pour sa part étudiant dans cette école. Tu restes en contact avec lui ?
François Cros : Clément a été réquisitionné par l’école comme beaucoup d’étudiants. Il intervient dans un hôpital et s’occupe entre autres de contrôler la température des patients. Je trouve que c’est très bien qu’il fasse ça. Pour lui et pour les autres. J’aurais bien aimé le faire aussi mais c’est réservé aux étudiants.
Il prépare aussi ses partiels car pour le moment on ne sait pas encore les modalités de cet examen. Le Covid complique beaucoup les choses à de nombreux niveaux.

Mathilde Lacrouts : Le Premier Ministre, Édouard Philippe, a annoncé cette semaine la fin des championnats professionnels. T’attendais-tu à cela ?
François Cros : Honnêtement, depuis quelques jours, nous nous attendions à un tel scénario. Ce n’est pas nous qui avons fait le choix mais nous devons l’accepter. La priorité c’est de soigner les malades et de préserver la santé de tous. Cela prime sur tout le reste.

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