Journée Mondiale des Cardiopathies Congénitales

Fév 14, 2019 | Actualités, Event, Réseau, Santé

« C’est bien que le rugby se mobilise, que tout le monde se mobilise ».

Le 14 février, c’est la Saint-Valentin. Mais pas seulement. C’est aussi la journée de sensibilisation aux cardiopathies congénitales. Ces derniers jours, Provale a posté sur les réseaux sociaux des photos de joueurs arborant un joli petit cœur et des bonhommes sur les deux doigts de leur main gauche. Ce petit signe avait pour but de soutenir l’association Petit Cœur de Beurre et plus globalement toutes les associations qui soutiennent les familles d’enfants souffrants de cardiopathies congénitales.
Cyril Baille, joueur du Stade Toulousain, est l’un des parrains de Petit Cœur de Beurre. Richard Fourcade, deuxième ligne de Brive, connaît également très bien cette association mais pour d’autres raisons. Rencontre avec ces deux joueurs…

Richard Fourcade soutient « Petit Coeur de Beurre ».

Richard et Lauriane Fourcade ne sont jamais très loin l’un de l’autre. Soudés autour de leur petit Maël comme un talonneur autour de ses piliers. Il faut dire que les jeunes parents ont affronté de sacrées épreuves ces derniers mois.
En fait, tout avait plutôt très bien commencé lorsque le 22 juin 2018, Lauriane a donné naissance au petit Maël, un joli poupon « très mignon ». Mais, très vite, après quelques examens, les médecins ont décelé un souffle au cœur chez le nouveau-né :

« On ne s’est pas inquiétés outre mesure, confient les parents d’une même voix. On nous a dit que c’était le cas chez beaucoup de nourrissons et qu’il faudrait contrôler cela deux mois plus tard. »

Même si l’appréhension est présente, Richard et Lauriane découvrent les joies de la paternité. Maël est « très souriant, il grandit bien ». Sa maman l’allaite avec bonheur. C’est le plein été. Le rendez-vous de contrôle approche. Il est programmé le jeudi 16 août.
Quelques petits signes troublent tout de même les jeunes parents. Leur bébé transpire beaucoup, il semble essoufflé. Mais le médecin généraliste et le pédiatre se veulent rassurants :

« Vous ferez le point avec le cardiologue. Mais il n’y a rien d’alarmant. Il fait chaud. Il est normal qu’il transpire. »

Le lundi précédent le rendez-vous, ils ne le savent pas encore, mais des signes inquiétants viennent se rajouter :

« Maël avait les selles de plus en plus noires, et de plus en plus molles. Il nous tardait d’arriver au rendez-vous du jeudi. »

Puis, le moment tant attendu est là. Richard, qui n’a pas pu se libérer de son entraînement, est sur le terrain, en short. Il s’entraîne dur.
Lauriane, pendant ce temps, soutenue par sa maman, se rend à Brive pour la fameuse visite « de contrôle ». Et là, tout s’accélère :

« En fait, tout était en train de basculer. Les médecins n’ont trouvé aucun pouls dans les membres inférieurs de Maël. »

Des examens supplémentaires sont pratiqués. Il faut faire vite. Lauriane essaie de joindre désespérément son mari qui ne s’imagine pas de ce qui se joue à quelques kilomètres du stade. Elle finit par appeler le club qui se dépêche d’aller prévenir Richard. Ce dernier saute dans sa voiture et rejoint sa petite famille.
Trois malformations sont détectées. À 19 heures, Maël est transporté d’urgence à Limoges puis héliporté vers Bordeaux à une heure du matin :

« On l’a plongé dans un coma artificiel. On nous a dit de lui dire au-revoir. On ne savait pas s’il allait survivre. Ça a été des moments très durs à vivre. »

Richard et Lauriane Fourcade, unis pour leur fils, Maël, autour de l’association « Petit Coeur de Beurre ».

À Bordeaux, les jeunes-parents sont très entourés

Les médecins nous ont expliqué très simplement la situation. On nous a rassurés.

Le vendredi 17 août, Maël est opéré. Ses parents restent le maximum possible à son chevet. Mais se loger coûte cher et La Maison des Parents aussi :

« C’était plus cher qu’une nuit d’hôtel. Ça a été très dur de s’organiser. D’autant plus qu’on ne pouvait voir Maël que l’après-midi. On se sentait impuissants ».

Petit à petit, Maël se réveille doucement de son coma. Après une quinzaine de jours, il est rapatrié vers l’hôpital mère-enfant de Limoges, toujours entouré de très près par ses parents.
Aujourd’hui, Maël a sept mois. Il a encore quelques séquelles et reste très surveillé :

« Ses cordes vocales ont été touchées pendant l’intubation. Cela va prendre un peu de temps à se remettre. Son poumon gauche, qui était atrophié, a repris son activité normale. Et son diaphragme qui était affaissé, a repris lui aussi une taille normale. Au début, il était suivi toutes les semaines, puis tous les quinze jours, tous les mois, et maintenant tous les trimestres. D’ailleurs la prochaine visite approche. »

Maël est bien entouré et, même si la route est encore longue et qu’il n’est pas à l’abri d’une nouvelle opération dans les années à venir, son sourire ferait presque oublier les mois cauchemardesques que lui et sa famille viennent de vivre :

« Il va bien, il rit beaucoup. Il mange très bien. Il est solide ! Il a sept mois mais on l’habille en un an. Nous aussi nous allons bien. En tous cas nous allons mieux. Nous n’oublierons pas les mois que nous avons vécus. Nous avons perdu du poids. Nous ne savions pas quoi faire pour améliorer les choses. Aujourd’hui, avec cette action menée par Provale, nous avons décidé de parler, de raconter notre histoire. Pour que tous ceux qui seraient dans notre situation voient qu’ils ne sont pas seuls. Après notre témoignage auprès du journal La Montagne, nous avons reçu énormément d’appels et de témoignages. On ne s’imagine pas qu’il y a autant de gens qui vivent des choses similaires. Ces associations sont très importantes ! Elles doivent être connues. Nous n’en avions pas entendu parler avant. Du coup, c’est bien que le rugby se mobilise, que tout le monde se mobilise. Ça fait avancer les choses dans le bon sens. Nous allons nous aussi essayer de créer une asso sur Brive, pour partager notre expérience et aider ceux qui en ont besoin. Nous voulons profiter de cet article pour remercier tout le corps médical des hôpitaux de Brive, Limoges et  Bordeaux. Maël a été très bien entouré ».

Il est dix heures du matin. Un petit gazouillis se répand à l’autre bout de la maison. Maël se réveille de sa grasse matinée. Prêt à dévorer la vie, impeccablement soutenu par Richard et Lauriane.

 

CYRIL BAILLE – Pilier du Stade Toulouse

« C’est par de petits gestes comme celui de la photo que nous pouvons faire du bien autour de nous ».

CYRIL BAILLE TOULOUSE

Cyril Baille, est l’un des parrains de « Petit Coeur de Beurre » avec Julien Marchand.

Provale : Tu as posté une photo sur les réseaux sociaux pour soutenir l’association Petit Cœur de Beurre. Peux-tu nous en dire plus sur cette démarche ?
Cyril Baille :
Cette association vient en aide aux enfants atteint de cardiopathies congénitales et soutient leurs familles. J’ai été contacté, avec « Juju » Marchand, il y a deux ans et demi, pour être parrain de l’association. Nous n’avons pas réfléchi très longtemps et nous avons accepté. De ce fait, nous allons voir les enfants à l’hôpital de temps en temps, nous participons à des soirées de gala et réalisons des ventes aux enchères pour soutenir l’association.

Provale : Le fait de t’investir dans une association est -il important pour toi ?
Cyril Baille :
Oui, ça l’est. Vraiment ! D’une part, cela fait relativiser sur beaucoup de choses. Quand on voit ces enfants qui se battent on se dit qu’on n’a pas le droit de râler pour des bêtises et de se plaindre. Ensuite, je me dis que c’est un devoir pour nous de donner un peu de notre temps aux autres. Ils sont tellement heureux de nous voir ! J’en connais certains que je revois au fil de mes visites et un lien se crée forcément.

Provale : Le fait que Provale ait lancé le défi de la photo aux joueurs et qu’ils aient répondu présents t’a-t-il touché ?
Cyril Baille : Oui vraiment ! C’est top de voir que les joueurs se sont mobilisés. L’association a été très touchée et les enfants étaient heureux. Moi aussi. C’est une super initiative et une belle action collective.

Provale : Tu penses que cela fait partie des missions de Provale ?
Cyril Baille :
Bien sûr, c’est une des vocations du syndicat à mon sens. C’est très important de soutenir des associations. Beaucoup de personnes rêvent devant nous et n’ont pas une vie facile. C’est par de petits gestes comme celui de la photo que nous pouvons faire du bien autour de nous.

Provale : Richard Fourcade, un joueur de Brive s’est confié sur son fils Maël qui est malade du cœur à l’occasion du lancement du défi par Provale. Étais-tu au courant ?
Cyril Baille :
Non, je ne le savais pas avant. Je trouve ça très bien que ça ait pu l’aider, ainsi que sa femme, à libérer leur parole, à en parler ouvertement autour d’eux. Ça signifie que nous nous sommes aidés mutuellement. C’est important de voir que cela n’arrive pas qu’aux autres. N’importe qui peut être touché par la maladie.

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